Quand on monte un PC ou qu’on le fait évoluer, c’est souvent la carte graphique qui fixe le calibre de l’alimentation. Le processeur, les SSD et les ventilateurs consomment aussi, mais leur demande reste plus régulière. Un GPU, lui, peut passer de quelques watts au repos à plusieurs centaines sous charge, avec des pics très courts au-dessus de sa consommation moyenne.
Choisir une alimentation revient donc à répondre à trois questions : combien de watts la carte réclame, quels connecteurs elle attend, et combien de marge garder pour le reste de la machine. Le TDP affiché sur une fiche GPU donne une base, mais il ne suffit pas à lui seul.
Réponse rapide
Pour dégrossir rapidement :
- une petite carte sans connecteur PCIe, comme la Radeon RX 6400, peut descendre très bas en besoin d’alimentation ;
- une GeForce RTX 3060 12 Go tourne autour de 450 W recommandés sur eCompatible ;
- une Radeon RX 7800 XT demande plutôt une alimentation autour de 600 W ;
- une Radeon RX 7900 XTX monte autour de 750 W recommandés ;
- une GeForce RTX 4090 vise 850 W ;
- une GeForce RTX 5090 vise 950 W sur la fiche eCompatible.
Ces repères supposent une configuration équilibrée. Avec un processeur très haut de gamme, beaucoup de périphériques ou de l’overclocking, il faut garder plus de marge.
Combien de watts viser selon la gamme de GPU
Voici un repère général. Les plages couvrent une configuration cohérente avec le niveau de la carte graphique. Ce ne sont pas des garanties universelles : le CPU, l’âge de l’alimentation et la connectique disponible comptent aussi.
| Type de GPU | Exemples | Alimentation à viser |
|---|---|---|
| Petite carte sans connecteur PCIe | RX 6400, GTX 1650 | 250-450 W |
| Entrée / milieu de gamme | RTX 3050, RTX 4060, RX 7600 | 450-650 W |
| Haut de gamme raisonnable | RTX 4070 Ti SUPER, RX 7800 XT, RX 7900 GRE | 650-850 W |
| Très haut de gamme | RX 7900 XTX, RTX 4090, RTX 5090 | 850-1000 W et au-delà |
Pour un modèle précis, la fiche correspondante dans le catalogue GPU affiche l’alimentation recommandée au cas par cas.
Pourquoi le TDP ne suffit pas
Le TDP, ou TBP chez AMD, indique la puissance que la carte est censée dissiper en charge soutenue. C’est une base solide, mais trois éléments la complètent.
D’abord, un GPU peut tirer plus que son TDP pendant de très courts instants. Ces pics transitoires ne durent que quelques millisecondes, mais ils peuvent dépasser la valeur nominale. Une alimentation doit les absorber sans se mettre en sécurité, sinon la machine peut redémarrer ou planter sous charge alors que la consommation moyenne reste correcte.
Ensuite, le TDP ne concerne que la carte graphique. Le processeur, la carte mère, la mémoire, les SSD et les ventilateurs s’ajoutent. Sur une machine de jeu ou de création, le CPU peut représenter une part significative de la consommation totale.
Enfin, une alimentation ne garde pas les mêmes marges toute sa vie. Mieux vaut éviter de la faire tourner en permanence proche de sa limite. Une charge autour de 50 à 80 % de la capacité du bloc reste un bon compromis entre rendement, bruit et durée de vie.
Le TDP sert donc de point de départ, pas de garantie complète. Le chiffre utile n’est pas seulement le TDP, mais la marge autour.
Les connecteurs d’alimentation des cartes graphiques
Le wattage ne fait pas tout : encore faut-il que l’alimentation propose les bons câbles.
Aucun connecteur PCIe. Les cartes les plus sobres se contentent du courant fourni par le port PCIe de la carte mère. Aucun câble supplémentaire n’est à brancher.
6-pin et 8-pin. Ce sont les connecteurs PCIe classiques. Un connecteur 6-pin apporte jusqu’à 75 W, un 8-pin jusqu’à 150 W. Selon sa consommation, une carte peut en réclamer un, deux, parfois trois.
12-pin et 16-pin. Le 12 broches a été utilisé par NVIDIA sur certaines cartes. Le 16 broches correspond au connecteur haute puissance moderne : il permet de faire passer beaucoup de puissance dans un seul câble, au lieu d’empiler plusieurs 8-pin.
Ce connecteur 16 broches existe surtout sous deux noms. Le 12VHPWR est la version initiale, arrivée avec les premières cartes RTX 40. Le 12V-2x6 est sa révision plus récente : même forme générale, mais une conception qui pousse à une meilleure insertion du câble avant que la carte ne réclame sa pleine puissance. Les deux restent mécaniquement proches, mais il faut toujours vérifier le câble fourni avec l’alimentation et le connecteur présent sur la carte.
Dans tous les cas, un câble natif de l’alimentation est préférable à un empilement d’adaptateurs. Chaque adaptateur ou rallonge ajoute un point de contact, donc une source possible d’échauffement. Une connexion propre et bien enfoncée fonctionne normalement, mais il n’y a aucun intérêt à multiplier les intermédiaires.
ATX 3.x : quand la norme change vraiment quelque chose
ATX 3.0, puis ATX 3.1, ont renforcé deux sujets importants : la gestion des pics transitoires des GPU et l’arrivée des câbles 16 broches modernes. Une alimentation ATX 3.x est pensée pour mieux encaisser les pointes de charge d’une carte graphique récente.
Ce n’est pas pour autant une obligation partout. La norme prend tout son sens sur les cartes haut de gamme avec connecteur 16 broches et gros pics de charge, comme les RTX 4090 et RTX 5090. Sur une RX 6400, une GTX 1650 ou une RTX 3050, l’étiquette ATX 3.x n’apporte pas grand-chose : une alimentation saine, correctement dimensionnée et dotée des bons connecteurs suffit.
Si vous achetez une alimentation neuve pour une carte récente à connecteur 16 broches, viser l’ATX 3.1 est cohérent. En revanche, inutile de remplacer une alimentation fiable et bien dimensionnée juste pour changer d’étiquette.
Exemples concrets
Radeon RX 6400
Très faible consommation et aucun connecteur d’alimentation PCIe : la RX 6400 se contente du port de la carte mère. Une alimentation modeste suffit, et l’ATX 3.x n’a aucun intérêt ici. C’est typiquement une carte qu’on peut ajouter dans une machine existante sans revoir tout le bloc d’alimentation.
GeForce RTX 3060 12 Go
La RTX 3060 12 Go reste une carte intermédiaire cohérente en 1080p. Sa fiche eCompatible indique une alimentation recommandée autour de 450 W. Selon la version exacte de la carte, le connecteur peut varier : la fiche eCompatible mentionne un 12 broches, mais il faut toujours vérifier le modèle précis acheté.
Radeon RX 7800 XT
La RX 7800 XT vise plutôt le 1440p et monte nettement plus haut en consommation. Sur ce type de carte, le bon choix consiste à garder une vraie marge, surtout si le CPU est lui aussi solide.
Radeon RX 7900 XTX
La RX 7900 XTX est une carte haut de gamme AMD. Elle utilise des connecteurs PCIe classiques, mais sa consommation justifie une alimentation généreuse. Ici, la priorité est moins le label ATX 3.x que la marge réelle en watts et la qualité du câblage PCIe.
GeForce RTX 4090
La RTX 4090 affiche 450 W de TDP, avec une alimentation recommandée à 850 W sur eCompatible. Elle utilise un connecteur 16 broches. C’est le genre de carte où une alimentation ATX 3.x avec câble natif 12VHPWR ou 12V-2x6 devient pertinente.
GeForce RTX 5090
La RTX 5090 monte encore plus haut : 575 W de TDP, avec une alimentation recommandée à 950 W sur la fiche eCompatible. Avec un processeur haut de gamme, garder davantage de marge reste raisonnable. Le connecteur 16 broches rend aussi l’ATX 3.x pertinent sur ce profil.
Pour comparer la consommation de deux modèles avant de trancher, les pages versus mettent leurs caractéristiques côte à côte.
Les erreurs les plus fréquentes
- Choisir uniquement au wattage. Une alimentation puissante mais dépourvue du bon câble ne règle pas le problème. Wattage et connectique se vérifient ensemble, et les deux figurent sur chaque fiche du catalogue GPU.
- Multiplier les adaptateurs. Enchaîner un adaptateur sur une rallonge augmente les points de contact et les risques d’échauffement. Un câble natif reste préférable.
- Recycler une vieille alimentation d’entrée de gamme. Un bloc ancien peut ne plus tenir ses promesses, surtout face aux pics d’une carte récente.
- Coller une carte très haut de gamme sur une alimentation sans marge. Tomber pile sur le wattage théorique laisse peu de réserve pour le CPU, le vieillissement et les pointes de charge.
- Surdimensionner pour rien. Acheter 1200 W pour une carte qui en demande beaucoup moins n’apporte aucun gain réel. Le bon choix est une alimentation adaptée, pas forcément la plus grosse possible.
Comment eCompatible calcule l’alimentation recommandée
Chaque fiche GPU du site affiche les éléments utiles pour décider : TDP/TBP, alimentation recommandée, connecteurs requis, et mention ATX 3.x uniquement quand elle est pertinente. Cette mention apparaît surtout en présence d’un connecteur 16 broches ou de pics transitoires notables.
La recommandation ne repose pas sur une simulation détaillée de chaque composant. Elle part de la consommation du GPU et applique une marge globale pour le reste de la machine. L’objectif est de donner un repère prudent et lisible, pas un chiffre faussement précis.
Le détail de cette approche est expliqué sur la page méthodologie, et les références utilisées pour les données GPU sont listées dans les sources.